06/02/2011
Challenge "100 ans de littérature américaine", fin... et suite !
Il y a de cela fort longtemps (en décembre 2009) Bhou nous proposait un challenge "Yes we can", soit un an pour découvrir 100 ans (20e siècle) de littérature américaine. Et aujourd'hui, l'heure du bilan est plus que venue, elle est même légèrement passée, mais moi et les règles...
Alors ? Ce bilan ?
15 livre lus !
Du grandiose :
Effacement de Percival Everett
La route de Cormac Mc Carthy
Du plus que bien :
De sang-froid de Truman Capote
Sukkwan Island de David Vann
Pourfendeur de nuages de Russell Banks
La Chambre aux échos de Richard Powers
Frères de sang de Richard Price
Du vraiment bien :
Exit le fantôme de Philip Roth
Gatsby le Magnifique de Francis Scott Fitzgerald
Un homme de Philip Roth
Le boxeur manchot de Tennessee Williams
Désert américain de Percival Everett
Et du un peu moyen aussi :
Le couperet de Donald Westlake
Car de Harry Crews
Netherland de Joseph O'Neill
Un challenge réussi, et de belles découvertes !
Et donc, on remet ça cette année avec le challenge "100 ans de littérature américaine, version 2011", initié par Marion (ex Bouh) du blog The Buried Talent, soit un an pour lire, encore et toujours, de la littérature américaine, en se consacrant à la période 1910-2011...
Et c'est repartiiiii ! ^^

Edit du 11/02/2011 : Sanctuaires ardents de Katherine Mosby [1995]
Edit du 21/02/2011 : Une veuve de papier de John Irving [1998]
Edit du 19/03/2011 : Indignation de Philip Roth [2008]
Edit du 07/06/2011 : La reine de l'Idaho de Thomas Savage [1977]
Edit du 27/10/2011 : Désolations de David Vann [2011]
18:57 Publié dans => Challenge 100 ans de littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : challenge, challenge littérature américaine, vie du blog
02/02/2011
Delirium Tremens – Ken Bruen [2001]
Ancien flic viré pour avoir sciemment écrasé son poing sur le visage d'un politicien, Jack Taylor traîne son mal de vivre dans les pubs des quartiers populaires de Galway. Entre deux gorgées de cafés noyés au brandy et une rasade de Guinness, il laisse vaguement entendre aux poivrots de son entourage qu'il pourrait être un bon détective privé. Ann Henderson, qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans, vient le trouver au comptoir qui lui sert de bureau et lui demande d’enquêter. « On l'a noyée » sont les mots qu'elle a entendus au téléphone... de quoi ne plus dormir. Surtout si d'autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un...
Jack Taylor est désabusé et alcoolique. En chute libre. Du style à cogner avant de penser et à s'imaginer qu'il peut se confronter à des adversaires plus costauds que lui. En plus, il ne choisit pas très bien ses amis, a une morale contestable et un sens de la justice expéditive. Bref, un énième personnage de pseudo-flic pas net et imbibé, qui trimbale sa déprime me direz-vous... Certes. Oui. Mais pas que. Car l'ex-flic, outre d'alcool, se nourrit aussi de littérature, surtout de polars, mais cite aussi Henry James ou Charles Dickens...
« J'étais devenu un bibliophile dans le vrai sens du terme. Je n'aimais pas seulement lire, j'aimais les livres eux-mêmes. J'avais appris à en apprécier l'odeur, la reliure, l'impression, le contact des ouvrages entre mes mains. » (p. 149)
Le roman est donc parsemé de citations littéraires et de bribes de poèmes (et aussi de références musicales, parfois obscures pour moi) qui, toutes, célèbrent la noirceur de l'existence. Et j'avoue avoir eu un faible pour ce narrateur loser dont le seul recours dans la vie est la littérature.
Quant à l'enquête, elle progresse sans Jack qui, embrumé par les vapeurs d'alcool et les black-out, se laisse entraîner par les évènements et ne maîtrise rien. Jack ne joue qu'un rôle assez passif, tout se résolvant quasiment sans lui.
Et finalement, ce n'est pas tant l'intrigue policière qui retient le lecteur que le personnage de Jack, le contexte (cette Irlande des bas fonds, crasseuse, miséreuse, violente et déprimante, à l'opposé des clichés touristiques) et surtout le style brut de Ken Bruen : les chapitres sont courts, les phrases sont sèches et hachées, le langage cru et direct, les dialogues vifs et percutants, le propos désespéré, mais relevé (d'un peu) d'humour, noir bien sûr. Et, sous la noirceur ambiante, un (mince) éclat d'humanité. Juste de quoi (peut-être) ne pas se foutre en l'air ?
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Ken Bruen, Delirium Tremens (The guards), traduit de l'anglais (Irlande) par Jean Esch, éd. Gallimard, coll. folio policier, 2006 (2001), 383 pages, 8,40 €.
Du même auteur : Le martyre des Magdalènes.
22:04 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : ken bruen, littérature irlandaise, polar, irlande, galway, alcoolisme





















