01.11.2007

théâtre : Mes meilleurs ennuis

Genre : mes amis, mes amours, mes emmerdes

Comme vous avez pu le constater ces derniers temps, je ne suis pas très présente ni sur ce blog, ni sur les vôtres : je suis prise par le boulot et l'organisation de mon déménagement qui est pour la fin du mois et avant ça je pars bientôt pour une semaine en Chine... Donc, pas mal de trucs à gérer en même temps ! J'ai aussi du faire un aller-retour flash-éclair sur Paris en début de semaine pour mon boulot. Mais j'en ai tout de même profité pour aller voir une pièce de théâtre (choisie complètement au hasard) au Café d'Edgar, une toute petite salle où l'on se retrouve à 2 mètres de distance des acteurs.

fe930cf4fe06cfa7c824ca0dbc9969b5.gifÇa s'appelle donc Mes meilleurs ennuis et c'est le récit d'une matinée bien agitée dans la vie de frères jumeaux. Au matin du mariage de leur sœur les deux frères voient un par un les problèmes s'écrouler dans leur appartement : la copine se croit enceinte, la sœurette ne veut plus se marier, la concierge vient faire du music-hall dans leur salon, les huissiers vont débarquer, un copain rechercher par la police vient se cacher, la commissaire débarque, un autre copain déprime et la maman téléphone chaque 5 minutes à ses fils chéris... Bref, les catastrophes s'accumulent dans une joyeuse pagaille !

Il s'agit donc d'une comédie délirante au rythme soutenu dans laquelle les portes claquent, les quiproquos s'enchaînent et les amis d'hier deviennent les ennuis d'aujourd'hui. C'est foutraque et bruyant, surjoué parfois, ça part dans tous les sens et le tout vire rapidement au délire collectif d'une galerie de personnages un peu dingos, interprétés par une joyeuse bande de comédiens hyper dynamiques qui s'éclatent sur scène. Au final donc, une comédie sympathique, quoiqu'un peu brouillonne, mais tout de même de quoi passer une bonne soirée.

Vous pouvez voir ICI la bande annonce de la pièce.

  

BlueGrey

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Mes meilleurs ennuis
Comédie écrite et mise en scène par Guillaume Mélanie
Avec Julie Capronnier, Caroline Desfêtes, Mélanie Kah, Arnaud Allain, Jérôme Paza et Francis Prieur
Chorégraphie de Lydie Muller

Pièce vue le 30/10/2007 au Café d'Edgar, 58 boulevard Edgar Quinet, 75014 Paris

17.07.2006

théâtre : Dimanche quinze heures

Parfois je me dis que je suis trop "bon public", que je n'ai pas suffisamment de sens critique, car généralement j'aime les spectacles que je vais voir, ou tout du moins j'arrive toujours à trouver un aspect positif, quelque chose qui sauve un ensemble parfois médiocre. Ce qui fait que je suis rarement totalement déçue. Ben, pour ce spectacle, l'aspect positif, c'est qu'il m'a rassuré sur mon sens critique : il n'y a absolument rien à retenir de cette pièce. L'histoire est naze, les acteurs médiocres, les dialogues (censés être drôles je suppose) plats, la mise en scène inexistante... Bref, c'est nul!

Allez, pour ceux que je n'ai pas totalement réussi à décourager, je mets tout de même le synopsis :

medium_dimanche15h.gifDans un petit village, un dimanche, à quinze heures, l'équipe de foot locale affronte l'équipe d'à côté, sous l'oeil critique mais bienveillant de Bob Michal, correspondant local du "Courrier de la plaine" et de son ami Polo, qui tient la buvette. Les deux compères commentent le match et font les portraits caustiques et tendres des joueurs (le boulanger, le fils du maire, le boucher, etc.).

Enfin, ça c'est l'idée, le résultat : nul, vous dis-je !

  

BlueGrey

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Dimanche quinze heures
D'Eric Bonneau
Scénographie d'Alain Richard
Avec Joël Picard et Alain Fritsch
Par le Théâtre de la Chaloupe, 30 chemin des Coteaux de Ribray, 79000 Niort

Vu au Festival d'Avignon Off 2006 le 17/07/2006 à 21h20

27.07.2004

théatre : La leçon

Ionesco nomme sa Leçon une "anti-pièce" : en effet, dépourvue d'une intrigue particulière, c'est le langage qui est le personnage principal de sa pièce. Cette "farce tragique" de Ionesco, écrite en 1951, en plein après-guerre, dénonce l'utilisation du langage comme instrument de pouvoir.

Dans la Leçon, les deux personnages face à face, un professeur et son élève, semblent appartenir à deux mondes différents : l'un, dominateur, violent, s'obstine à enseigner une matière incompréhensible à l'autre, dominée, qui ne désire pas écouter, totalement centrée sur sa propre personne. Cette tentative de "possession" de l'autre par l'autorité du langage et du savoir aboutit à une fin aussi tragique qu'absurde : le maître tue son étudiante.
En résulte une leçon à la fois douloureuse, bouffonne et inquiétante, qui malgré sa dureté, fait sourire et séduit...

 

BlueGrey

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La leçon
De Ionesco
Mise en scène de Charlotte-Rita Pichon
Avec Marie-Jo Ollivier, Thierry Oustalet, Blandine Vatain
Par la compagnie de l'Entre-Texte, 7 rue Marc Sangnier, 13200 Arles

Vu au Festival d'Avignon Off 2004

théâtre : Cuisine et Dépendances

Martine et Jacques organisent un dîner en l'honneur d'un ami d’enfance devenu très célèbre et qu'ils n'ont pas revu depuis dix ans, mais ils ont la tête ailleurs. Le contrôle de la soirée va complètement leur échapper, car si l'invité est au salon, la vraie soirée se déroule en "coulisse" dans la cuisine ! Là nous croisons Jacques et Martine donc, le jeune couple ami d’enfance du présentateur star, qui n’ont pas le temps de se poser les questions capitales ; Georges, l’ours bougon, squatteur de la maison et aussi ami d’enfance, s’en pose des questions, lui, à tout bout de champ, à tout moment, dans n’importe quel sens, à l’endroit et à l’envers, et ça n’avance à rien ; Charlotte, épouse de cette célébrité et toujours ami d’enfance, ne sait plus quelles questions elle doit poser et se poser ; et Fred, frère de Martine, pas ami, mais proche de l’enfance, qui ne voit pas l’intérêt de s’en poser, des questions. Dans le salon se trouvent deux personnages que l’on ne verra pas dans la pièce : Marilyn, la petite amie de Fred, la bombe sexuelle à la cervelle de moineau, qui ne soupçonne même pas que de telles questions puisse exister, et l’illustre mari de Charlotte, "star" de la soirée et dont la présence sera un révélateur comportemental de chacun, engendrant en cuisine les réactions et les avis les plus divers.

Il y a une question que chacun va se poser. Qui est-il, cet invité célèbre ? Une future relation, un ancien ami, un possible amant, un ex-mari, ou un imbécile de passage ? Les personnages défilent hypocritement devant cet homme... Pourquoi ? Peut-être pour gagner «son estime […] qui serait devenue indispensable en l’espace d’une soirée» (dixit Georges, acte 3).

On ajoute à cela une louche de vieux sentiments, une cuillérée de regrets, un soupçon de ressentiments et une pincée de poker et on obtient un repas très salé, une véritable soupe sentimentale et une vision saignante du couple. Le couple Jacques-Martine, qui a suivi les conventions sociales du mariage, se révèle rapidement en crise. Leur quête actuelle de leur vérité va s’opposer aux dix années passées où les problèmes de communication les ont conduit à rester à tout prix convenable, tombant dans une routine qui ce soir va céder, marquant un tournant crucial de leurs vies. Le couple Georges-Charlotte est tout aussi raté, probablement parce qu’ils n’ont pas osé l’engagement...

La cuisine devient l’arène des règlements de compte et des espoirs futurs : on y voit tous les personnages se dévoiler les uns après les autres, vulnérables et fragiles, plus lâches que vraiment méchants, empêtrés dans leur vie, tiraillés entre leurs peurs et leurs désirs, émouvants. Cuisine et Dépendances est une satire sociale, une comédie douce-amère, tendre et subtile, à l’écriture caustique et au ton léger.

 

BlueGrey

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Cuisine et Dépendances
Comédie d’Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri
Interprété par le Théâtre de Lulu sur la Colline

Vu au Festival d’Avignon Off 2004

19.07.2004

théâtre : Knock

«Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent.» Docteur Knock

Un décor très ingénieux, fait de malles et de caisses entassées, de portes et de trappes dérobées, des intermèdes musicaux originaux, des costumes délirants, des personnages fantasques et masqué, un Knock survitaminé... Nous sommes dans le monde loufoque et burlesque de la commedia dell'arte : un pur régal, un vrai bonheur !

Et juste pour le plaisir, un petit extrait :
LE TAMBOUR – Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. Ça me chatouille, ou plutôt ça me gratouille.
KNOCK – Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille ?
LE TAMBOUR – Ça me gratouille. Mais ça me chatouille bien un peu aussi...
KNOCK – Est-ce que ça ne vous gratouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?
LE TAMBOUR – Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me gratouillerait plus.

 

BlueGrey

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Knock
D'après Jules Romain
Mise en scène et adaptation Guy Simon
Interprété par le Théâtre du Kronope

Vu au Festival d’Avignon Off 2004

17.07.2004

théâtre : Daewoo

Quatre femmes, quatre amies, quatre anciennes de l'usine. L'usine a fermé, la cinquième n'a pas supporté le poids du chômage et l'angoisse de l'avenir. Elle a préféré partir. Définitivement.

Les quatre amies se serrent les coudes. Elles parlent indéfiniment de l'usine, des plans de licenciement, de la lutte qui a suivi, du refus de perdre leur travail, des tentatives de reclassement, de l'angoisse des jours qui passent, toujours plus vides, de l'instabilité dans leur vie depuis l'évènement. Elles cherchent de quoi tenir, des raisons de continuer, entre colère et résignation.

Le propos est dur, amer, et les spectateurs ont peu de répits et peu raisons de rires. Une pièce qui serre le ventre, à voir comme un hommage à la noblesse de ces femmes que l'on a avilies.

 

BlueGrey

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Daewoo
De François Bon
Mise en scène de Charles Tordjman
Avec Christine Brücher, Julie Pilod, Samira Sédira, Agnès Sourdillon

+ d'info sur la pièce Daewoo

Vu au Festival d’Avignon In 2004

15.07.2004

théâtre : Peer Gynt

Le chemin de Peer Gynt est rude : quatre heures et demie avec un personnage que son auteur ne lâche pas une seconde, de l'âge des chiens fous à celui de la vieillesse, passant de mensonges en aventures, jusqu'au retour du poète-voyageur dans sa Norvège natale, une fois fortune faite. On suit l'évolution du personnage principal et la manière dont il assimile les leçons données par la vie, jusqu'à la conclusion, au seuil de la mort : dans son obstination à être "soi-même", Peer Gynt est passé à côté de sa vie, et il ne comprend qu'à son retour que sa vérité à lui était depuis toujours auprès de Solveig.

Eric Elmosnino est un Peer Gynt canaille, sauvage et trépidant. Il passe avec brio du prince au clochard, peut dans l'instant mourir d'amour ou bondir à la poursuite de la fille du roi des trolls.

La première partie de la pièce, remplie de personnages fantastiques et imaginaires, de rencontres imprévues et de rebondissements, fortunes et infortunes du héros bouffon, hésite entre rêve et réalité. Quant à la seconde partie... Monologues excessivement longs... Long !

 

BlueGrey

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Peer Gynt
D'Henrik Ibsen
Mise en scène Patrick Pineau
Avec Bouzid Allam, Gilles Arbona, Baya Belal, Nicolas Bonnefoy, Frédéric Borie, Hervé Briaux, Jean-Michel Cannone, Laurence Cordier, Eric Elmosnino, Aline Le Berre, Laurent Manzoni, Christelle Martin, Mathias Mégard, Cendrine Orcier, Fabien Orcier, Annie Perret, Julie Pouillon, Marie Trystram

Vu au Festival d’Avignon In 2004

théâtre : Le colonel des Zouaves

Sur scène Laurent Poitrenaux, en survêtement sombre, se tient les pieds rivés au sol. Grâce à un système d'amplification et de déformation des sons, l'acteur peut multiplier les protagonistes : il interprète à lui seul une dizaine de personnages excentriques et les voix qui vont avec, de même que les ambiances sonores et les bruitages qui les accompagnent. Il accomplit aussi une véritable performance gestuelle, mimant en accéléré les petites choses qui se passent en marge de ce qu'il raconte.
Quant au récit, il est centré sur les obsessions d'un domestique zélé. Il est fait d'un monologue très rythmé mélangeant leçons d'art ménager, dialogues, récit de service à table, fantasmes et autres délires... Lent éloignement du chemin de la réalité.

Olivier Cadiot : «Exilé dans son entresol, un domestique zélé tente d'améliorer son service. La conscience professionnelle tourne très vite à l'obsession dévorante. Il s'oblige à s'inventer des méthodes de plus en plus complexes et inutiles comme Robinson dans son île, cherchant à contrôler à l'infini tous les stades de son travail. Devenu encyclopédiste sans le savoir, cet autodidacte s'imagine qu'une accumulation de progrès minuscules suffira à lui faire réussir un vrai "Art Ménager". Diviser à la folie pour mieux régner. Leçon de service total.
Pour bien servir les gens, il faut connaître leurs goûts, il faut les écouter. Il finira par enregistrer leurs conversations, les transcrire, transformer sa cave en table d'écoute, et devenir espion de fait. Dur travail de reconstituer mot à mot la partition exacte de ce qu'il a entendu. Le monologue central mélange en une seule phrase propos de table, commentaires, fragments de discours et morceaux de dialogues. Il va convoquer des personnages virtuels, comme preuves à l'appui dans un procès privé. Reconstitutions de tableaux vivants en anamorphose. Pour échapper à ce cauchemar, notre héros file à fond dans la nature. Course à pied pour rassembler ses esprits. Cross pour avaler le passé.»

 

BlueGrey

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Le colonel des Zouaves
D'Olivier Cadiot
Mise en scène et scénographie de Ludovic Lagarde
Musique de Gilles Grand
Avec Laurent Poitrenaux

Vu au Festival d’Avignon In 2004

13.07.2004

théâtre : Un homme est un homme

Au milieu de la scène, quatre chiffres géants et entrelacés (1/9/2/5) tiennent lieu de décor unique, un peu terne. Ce décor sert de pivot à la représentation : il va tourner sur lui-même, selon les scènes, semblant mimer «la transformation du porteur d'eau Galy Gay dans les baraquements de Kilkao, l'année mille neuf cent vingt-cinq», sous-titre de Un homme est un homme. Sur un ton qui semble hésiter entre le tragique et le comique, on nous raconte donc l'histoire du porteur d'eau Galy Gay, dépossédé de son nom et de son identité, et devenu chef de guerre malgré lui.

La narration est lente, et le spectacle, littéralement, tourne un peu en rond. Les comédiens ont une tendance générale au cri : tous sont excessivement gueulard, et donc, peu audible. C'est fatigant ! Toutefois j'ai aimé leur présence, leurs acrobaties et leurs postures...
Dans le rôle du petit homme de rien du tout se métamorphosant en guerrier, Denis Lavant ne fait pas franchement évoluer son personnage. Il reste quasiment le même d'un bout à l'autre de la représentation : ivrogne braillard dépassé par les évènements. Il n'y a qu'à la toute fin qu'il s'impose réellement face aux autres personnages.
Le rôle du sergent Fairchild, militaire caricaturalement "militaire", peau de vache travaillée par la chair, est par contre un vrai régal : bravo Pascal Bongard ! Quant à Christine Gagnieux, dans sa robe écarlate, quasi seule note colorée du décor, elle est une formidable veuve Begbick, libre et extravagante.

 

BlueGrey

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Un homme est un homme
De Bertolt Brecht
Mise en scène de Bernard Sobel
Avec Michel Bompoil, Pascal Bongard, Eric Caruso, Eric Castex, Mohamed El Hayani, Farid Fadavi, Christine Gagneux, Matthias Girbig, Denis Lavant, Jérémie Lippmann, Damien Witecka

Vu au Festival d'Avignon In 2004