19.04.2012
Swap "Eternel Féminin" : Le grand déballage !

Voici donc enfin venu le moment tant attendu du grand déballage du colis swap "Eternel féminin" © Anjelica ! ;)
Colis admirablement préparé par Lucie et dont voici les merveilles révélées :

Côté livres : Faire surface de Margaret Atwood et Parfum de glace de Yoko Ogawa, soit deux auteures que je souhaitais découvrir depuis longtemps. Et, en bonus, Narcisse et ses aiguilles de Chloé Delaume, une auteure dont je n'ai encore rien lu mais que j'ai récemment entendu en interwiew à la radio et qui m'a beaucoup intriguée... Je suis donc très heureuse de cette coïncidence qui va me permettre de la découvrir ! En plus, en ouvrant ce petit livre tout flashy avec sa couverture et ses pages jaunes fluo, surprise ! Une gentille dédicace ! Merci beaucoup Lucie pour cette jolie attention !
Côté musique : Le dernier album de Brooke Frazer, Flags, chanteuse néo-zélandaise que je vous encourage fort à découvrir si vous ne la connaissez pas encore...
Côté gourmandises : un merveilleux thé aux agrumes de chez Lov Organic, très doux, très agréable, et... du chocolaaat ! Qui n'a pas fait long feu, je l'avoue... Il n'en reste déjà plus !
Côté "plus" : une bougie parfumée à la pêche (mmm !) et 3 petits carnets tout mignons !
Un grand merci à Lucie pour son joli colis ! Je sais que sa confection n'a pas du être franchement évidente, vu nos goûts assez divergents, mais tout est parfait ! J'espère sincèrement que mon colis lui fera tout aussi plaisir ! Et merci encore Anjie pour l'organisation de ce swap !
13:04 Publié dans * De tout, de rien... * | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : swap, vie du blog
27.03.2012
Chat sauvage – Jacques Poulin [1998]
Le narrateur, Jack, est un écrivain public cinquantenaire installé au cœur du vieux Québec. Un beau soir, un vieux bonhomme hirsute vient lui rendre visite : « Je voudrais écrire à ma femme... » un silence... « tout compte fait, je reviendrais une autre fois » et l'homme disparait, laissant Jack interloqué...
Jack reprend alors sa douce vie quotidienne auprès de Kim, sa très séduisante compagne. Et comme nous avons affaire à un homme de goût, il nous compte ses errances dans le vieux Québec, le plaisir du thé dégusté en compagnie du chat Petite Mine, et ses lectures de chevet, Richard Ford, John Irving, Raymond Chandler, Raymond Carver...
Par définition, le métier d'écrivain public expose à des rencontres : une jeune fugueuse lectrice de John Fante, un paumé avec lequel à l'occasion le narrateur partage son minibus Wolgswagen... Et puis, toujours, ce vieux bonhomme qui vient et repart aussitôt. Et celui-ci finit par obséder Jack qui ressent le besoin de retrouver sa trace et commence une filature discrète dans les rues de la vieille capitale. Au terme de sa quête, sa vie prend une direction à laquelle il ne s'attendait plus...
Rien là de bien original, pourrait-on penser. Mais tout est dans la manière de dire. Et Jacques Poulin a la manière, simple, sobre, harmonieuse, qui donne à voir, et à ressentir. Des personnages attachants, nimbés d'un léger mystère, occupent l'espace ; une atmosphère poétique et nostalgique imprègne le roman ; un érotisme latent, est étonnamment présent... Et puis, parfois, comme de petits éclats de soleil parsèment le récit : Jack qui s'amuse à glisser, subrepticement, dans une demande d'emploi ou une lettre de félicitation commandée par un client, de courtes citations de ses auteurs préférés. La poésie comme si de rien n'était. Jack encore, qui entretient un rapport au monde légèrement décalé, comme s'il n'était pas vraiment là, plutôt désabusé, hanté par la promesse d'un bonheur qui se dérobe et qui dès lors n'a pas de prix, et pourtant prêt à accueillir, de ses congénères, toute preuve d'humanité.
Ce roman laisse toutefois comme une impression d'inachevé car le léger suspense, bien entretenu, et la signification de tout cela demeurent énigmatiques jusqu'à la fin, et au-delà.
______________________________
Jacques Poulin, Chat sauvage, éd. Actes Sud, coll. Babel, 2000 (1998), 224 pages, 7,50 €.
Du même auteur : La Tournée d'automne
21.03.2012
Water Bloom - Kuik Swee-boon / T.H.E. Dance Company

Water Bloom par T.H.E. Dance Company
© Elian Bachini
Une danseuse entre en scène, portant un lourd morceau de bambou. Lentement, ployant sous le poids de son fardeau, elle se dirige vers un long tube de bambou descendant du ciel et y ajuste la partie manquante. Précautionneusement, à petits pas menus, les autres danseurs entrent alors en scène et semblent en prendre la mesure insensiblement, en éprouver l'atmosphère, pour mieux se l'approprier.
Hommes en noir, femmes en simples tuniques gris-bleues, lumières diaphanes, musique minimaliste et hypnotique basée sur la rupture de rythme, entre chutes d'eau et gouttes de pluie... nous assistons à un ballet aquatique fluide et éthéré, les danseurs évoluant comme si l'atmosphère les environnant n'était pas constituée d'air mais d'eau.
Une évocation de la relation homme-nature qui joue sur le contraste entre grâce féminine et puissance masculine pour mettre en évidence les nombreuses facettes de cette relation, de l'antagonisme à l'harmonie.
______________________________
Water Bloom - Kuik Swee-boon / T.H.E. Dance Company
Chorégraphie : Kuik Swee-boon
Interprétation : T.H.E. Dance Company
Musique : Darren Ng
Création lumière : Tommy Wong
Régie lumière : Anna Rochu
Durée : 30 min
Spectacle vu le 03/03/2012 dans le cadre du festival de danse « Les Hivernales » à Avignon.
12:19 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : danse, danse contemporaine, kuik swee-boon, t.h.e. dance company
17.03.2012
[percussions corporelles] Parce qu’on va pas lâcher / Cie Onstap

Ils sont deux. Grands, minces, bruns. Polos, pantalons beiges, baskets blanches. Et sourires radieux. Deux potes échappés des banlieues avignonnaises, Mourad Bouhlali et Hassan Razak, qui se tapent dessus. Pieds, cuisses, torses, bras, mains, visages, le corps est utilisé comme instrument de percussion (c'est du "step", ou percussions corporelles) et l'esthétisme du geste accompagne la précision du rythme. L'ensemble forme une harmonie accompagnée de gestes dansés. On est à la croisée de la danse et de la musique ; le travail des mains et de tout le corps constitue une véritable chorégraphie, virtuose par sa rapidité d'exécution, et empreinte de grâce.
Les parties "stepées" alternent avec des parties dialoguées, se métissant de théâtre (on convoque Shakespeare pour une scène hilarante de poursuite amoureuse tirée du Songe d'une d'été), de slam, de danse... En évitant les clichés et sans tomber dans la victimisation, Hassan et Mourad nous racontent leur parcours singulier, toujours grand sourire : la cité, le regroupement familial, le club théâtre comme issue de secours (pas top pour crâner aux yeux des copains !), les mensonges pour rassurer les parents et pouvoir partir en représentation (non, non, je ne fais pas du théâtre, je suis animateur dans un centre social), les premiers rôles... Comment, dans l'incompréhension générale, ils ont envers et contre tout réussi à faire du théâtre leur vie. Ils nous disent que l'on peut être heureux dans la cité, que l'on peut en sortir tout en y restant.
Du premier degré, du naïf parfois, du sentimental, et alors ? C'est rythmé, gai, drôle, décalé, et touchant car criant de sincérité. Mourad Bouhlali et Hassan Razak ne trichent pas, et délivrent leur récit avec humour et tendresse. On sent la véritable complicité personnelle qui lie les deux interprètes, amis depuis l'enfance. On sent le bonheur qu'ils ont d'être aujourd'hui sur scène, de l'autre côté de la barrière, devant le public, quel qu'il soit. Et le public adhère, tout de suite "embarqué". La salle réagit au quart de tour et n'hésite pas à participer, claquant des doigts, tapant des pieds et des mains, tchikipoum, au bon vouloir des deux compères facétieux !
Un spectacle bon pour le moral ! :)
______________________________
Parce qu'on va pas lâcher / Cie Onstap
Direction artistique : Hassan Razak
Conception, textes et interprétation : Mourad Bouhlali et Hassan Razak
Conseillers artistiques : Guy Alloucherie, Amid Ben Mahi, Zelda
Création lumière : Thomas Falinower
Durée : 55 min
Spectacle vu le 02/03/2012 dans le cadre du festival de danse « Les Hivernales » à Avignon.
10:51 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : danse, danse contemporaine, percussions corporelles, step, théâtre, les hivernales, avignon, cie onstap
12.03.2012
[théâtre] Bullet Park - d'après John Cheever / Rodolphe Dana - Collectif Les Possédés
Rodolphe Dana met en scène Bullet Park, d'après le roman de John Cheever publié en 1969, œuvre qui plonge dans les névroses de l'Amérique banlieusarde des années 60.
Via le quotidien de deux familles voisines, les Nailles et les Hammer ("clous" et "marteau"), il dépeint l'American way of life et en révèle les contradictions. Car derrière les façades pimpantes de l'utopie pavillonnaire, tout se désagrège. Engoncés dans le carcan des conventions, les habitants de Bullet Park étouffent sous des règles sociales, culturelles et morales qui engendrent frustrations et désarroi existentiel.
Les Nailles, famille modèle jusque-là sans histoire (juste une quinzaine de cigarettes par jour en attendant l'heure de l'apéro), sont totalement dépassés par la dépression de leur fils unique, Tony, et contemplent, abasourdis, l'effondrement progressif de l'image du bonheur idéal dont ils s'étaient bercés.
Les Hammer, à peine installés dans leur coquette maison, commencent à s'y déchirer. Marietta glisse lentement vers l'hystérie. Quant à Paul (le narrateur), enfant illégitime dont la haine tient lieu de fondement, il annonce dès le début de la pièce sa volonté de crucifier le rêve américain. En attendant l'opportunité de mettre son dessein à exécution, il se dissimule dans la microsociété aseptisée de Bullet Park.
Tout au long de la pièce, les personnages se racontent, en toute candeur. Mais la révélation de leurs secrets dérisoires ne fait que refléter la médiocrité et l'insignifiance de leurs existences. C'est l'ennui de l'oisiveté, c'est l'oppression de ce mode de vie conventionné « respectable, consciencieux, sobre, chaste, honnête »... Une agréable ville, d'agréables voisins, une agréable maison avec une jolie pelouse bien tondue, une agréable cuisine avec un frigo bien rempli, un agréable salon avec un grand téléviseur, une agréable famille. Home sweet home. Cette apparence d'ordre et de contrôle doit s'écrouler, inévitablement.
Sous une forme d'ironie mâtinée de tendresse, le texte fait ainsi la satire d'une société bienpensante qui cache ses excès (tabagisme, alcoolisme, surconsommation, matérialisme, frustration sexuelle...) sous un masque de pudibonderie. Le ton loufoque et souvent absurde des dialogues tient à distance la gravité du sujet pour laisser naître des situations humoristiques quasi-surréalistes. C'est caustique, et efficace, en équilibre précaire entre drame et vaudeville.
Toutefois les acteurs peinent à maintenir la même intensité tout au long des 2h10 de représentation. Les scènes qui se succèdent sont assez inégales. Certaines scènes sont réjouissantes de cocasserie (Marietta Hammer qui se shoote à la crème chantilly comme dérivatif à sa frustration, ou la pudibonde Nelly Nailles troublée par son énigmatique voisin), d'autres s'avèrent véritablement un peu longuettes (les nombreux monologues narratifs de Paul Hammer, ou les scènes des thérapeutes se succédant au chevet du fils).
Entre ironie et noirceur, cette dégringolade du côté des revers de l'American way of life laisse un goût amer et désenchanté.
______________________________
Bullet Park d'après John Cheever / Rodolphe Dana - Collectif Les Possédés
D'après l'œuvre de John Cheever
Création collective dirigée par Rodolphe Dana
Avec : David Clavel, Françoise Gazio, Katja Hunsinger, Antoine Kahan, Nadir Legrand, Christophe Paou, Marie-Hélène Roig
Traduction : Dominique Mainard
Adaptation : Rodolphe Dana, Katja Hunsinger
Conseiller à la dramaturgie : Laurent Mauvignier
Scénographie : Julia Kravtsova
Lumière : Valérie Sigward
Costumes : Sara Bartesaghi Gallo
Assistante à la mise en scène : Raluca Vallois
Régie lumière : Wilfried Gourdin
Régie plateau : Frédéric Gourdin
Durée : 2h10
Spectacle vu le 10/03/2012 au Théatre Garonne, Toulouse.
21:59 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre, john cheever, amérique, satire, années 1960, théâtre garonne, collectif les possédés






















