02/04/2013

Le tagounet des 11 !

Copine Yueyin (qui ne doute de rien) tente de réanimer mon blog moribond par un exercice que je pensai tombé en désuétude bloguesque mais qui renaît pour l'occasion : le taaag !  ;)  En onze questions, que voilà, TADAM !

1/ Quel est votre dernier livre coup de coeur ? Le Club des Incorrigibles Optimistes de Michel Guenassia. Soit, dans le Paris populaire des années 1960, le destin croisé d'une poignée d'hommes réfugiées de l'Est, marginaux et remarquables, aux parcours insolites, avec le quotidien paisible d'un jeune parisien qui fait son apprentissage de la vie. Un très beau roman, ambitieux, qui mêle habilement le roman d'adolescence (d'apprentissage), la chronique sociale et l'histoire mondiale des années 1960.

2/ Et le dernier qui vous est tombé des mains ? La vérité sur l'Affaire Harry Quebert de Joël Dicker. Que dire ??? Un roman mal écrit avec son amoncellement de clichés et de naïvetés et sa psychologie de comptoir, une intrigue bancale, des rebondissements grotesques... Caricatural.

3/ Quel est votre personnage de fiction incontournable inoubliable ? Un seul ?! Pas possible de n'en citer qu'un... Donc : le capitaine Nemo, Edmond Dantès, Bilbo le Hobbit, Antigone, Béhémoth, Hercule Poirot, Miss Marple... Pfff, et tant d'autres !

4/ Que vous évoque les contes de Canterbury ? Ceux qui l'ont lu ont-ils souffert ? Le Moyen-Age anglais... Un jour, je m'y plongerai... (peut-être...)

5/ Salé ou sucré ? Pourquoi choisir ?

6/ Biscuits ou bonbons ? cf. réponse précédente.

7/ Ovin ou caprin (justifiez vos réponse que diable) ? Heing ?!  O_o

8/ Où étiez-vous le 13 mars 2013 vers 20H30 ? De là, on voit la mer de Philippe Besson.

9/ Y a-t-il de la vie sur Mars ? yIDoghQo (<= c'est du klingon, bande d'ignares !)

10/ Connaissez-vous la réponse à la grande question de la vie, de l'univers et du reste ? Et la question ? 42 !

11/ Si vous étiez un super-héros ou une super-héroïne, comment serait votre costume ? En latex noir avec de petites oreilles pointues... (et je copie Catwoman si je veux !)

Je ne tente pas de faire suivre, mon blog agonisant n'étant pas suffisament fréquenté pour trouver des repreneurs pour ce tag ! (pauvre tag orphelin...)

25/02/2013

[théâtre] « Lost (Replay) » de Gérard Watkins

Trois anges déchus (mi anges gardiens, mi serpents de la tentation) atterrissent au sous-sol d'un immeuble parisien. En quête d'humanité, ils se mettent en tête de rejouer la Genèse en provoquant la rencontre entre deux solitaires (nouveaux Adam et Eve) vivant justement dans cet immeuble. Lui (Hub) évalue les conversations des techniciens d'une entreprise de télécommunication, elle (Fay) est une acheteuse compulsive, se contente d'une sociabilité virtuelle et bénéficie des services de la société de Hub.

Lost (Replay), Gérard Watkins
© Alexandre Pupkins

Le propos de Gérard Watkins est de dénoncer le manque de communication entre les êtres à une époque où les réseaux sociaux et autres NTIC sont censés améliorer cette dernière. Dénoncer une société humainement en déclin où le langage est appauvri et les êtres esseulés. Mais comment peut-on espérer dénoncer l'appauvrissement du langage avec une prose aussi indigente ? Les personnages en sont réduits à énoncer des platitudes et à faire rimer "mutilation" avec "canalisation" !

Empêtrés dans des personnages mal dégrossis, les comédiens ont peu l'occasion de montrer leur talent. Dans le rôle de Hub, Fabien Orcier est transparent. Les trois anges déchus, vainement gueulards et grossiers, en deviennent franchement irritants. Seule Nathalie Richard, très sobre dans le rôle de Fay, s'avère convaincante en gardant une part de mystère et de fragilité qui rend son personnage parfois émouvant.

Des longueurs, des répétitions, des outrances... C'est insipide, niais, prétentieux, grotesque. Quant à la conclusion de la pièce (l'amour seul est en mesure de sauver l'humanité), elle est d'une banalité affligeante que la lourdeur de la démonstration n'arrive à aucun moment à élever. Bref, une fable indigeste sur notre solitude moderne et la perte de sens des mots. Un salmigondis de références bibliques, de clichés, de mièvrerie et de mots faciles.

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Lost (Replay)
Texte et mise en scène de Gérard Watkins
Avec Anne Alvaro, Gaël Baron, Antoine Matthieu, Fabien Orcier et Nathalie Richard.
Durée : 1h50

Spectacle vu le 20/02/2013 au Théâtre Garonne, Toulouse.

23/02/2013

[théâtre de rue] « Pleine Forêt Sensible » par Les Souffleurs commandos poétiques

Collectif d'artistes à géométrie variable, Les Souffleurs commandos poétiques regroupe depuis 2001 des acteurs, danseurs, chanteurs, musiciens, écrivains, cinéastes, plasticiens, réunis autour d'une « tentative de ralentissement du monde ». Habillés de noir, sobres et silencieux, ils chuchotent seulement à l'oreille des passants, à l'aide de cannes creuses, des secrets poétiques, philosophiques ou littéraires.

Les Souffleurs, Pleine Forêt SensibleDans Pleine Forêt Sensible, Les Souffleurs nous convient à une expérience nocturne en forêt : suivant un sentier lumineux, nous arrivons dans une clairière gardée par des arbres. Dans la pénombre, le bois bruisse de sons étouffés : souffle du vent ? Voix ? Cris d'animaux ? Puis de longues et fines tiges lumineuses tranchent la nuit dans une danse énigmatique. Apparition onirique : une quinzaine de "souffleurs" (hommes et femmes) vêtus de noirs, perchés dans des arbres métalliques, munis de cannes creuses, psalmodient quelques phrases absconses à qui veut bien se saisir du bout de leurs tuyaux. Noir. Silence. Lumière. Et les souffleurs réapparaissent, nus, avec masques de loups, dans des poses disloqués. Un cerf anthropomorphe promène sa silhouette hybride parmi les spectateurs. Un chasseur, grand chapeau et fusil, passe aussi...

Les Souffleurs, Pleine Forêt Sensible

Aucune narration, aucune explication, place à l'imaginaire, à l'émotion. Sauf que, malgré quelques jolis moments hypnotiques, empreints de mythologie, de fantastique et d'onirisme, beaucoup trop d'effets répétitifs, de pose et de pensum rendent ce spectacle-installation-performance assez affecté, poseur et pompeux. Le spectateur oscille entre un sentiment d'émerveillement et de perplexité mais, finalement, c'est la perplexité qui l'emporte.

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Plein Forêt Sensible
Par Les Souffleurs commandos poétiques

Spectacle vu le 25/08/2012 au Festival international de théâtre de rue d'Aurillac, le In.

19/02/2013

[théâtre] « Jacques le fataliste » d’après le roman de Denis Diderot, mise en scène Pascal Papini, avec Pierre Barayre

« Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe. D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut. »

Le valet Jacques voyage avec son maître. Pour combler l'ennui, il lui promet de lui raconter ses aventures amoureuses, mais son récit est sans cesse interrompu par des incidents extérieurs, des pensées philosophiques, ou encore des "histoires" autonomes venant se substituer au récit initial… Et de questionnements en digressions, Jacques paraît un serviteur espiègle, aux réparties rouées ou impertinentes, plus sagace que son maître. Il nous livre à la fois une critique sociale et une mise en cause du libre-arbitre. En effet, Jacques est persuadé que tout ce qui doit arriver sur terre est déjà écrit "là- haut", d'où son surnom de "fataliste".

Jacques le fataliste, Pierre BarayreSeul en scène, le comédien Pierre Barayre, truculent, endosse tous les rôles : à la fois Jacques, son maître, l'aubergiste, la donzelle, ou encore le mystérieux narrateur, incorrigi-blement bavard et malicieux, qui, régulièrement, apostrophe les spectateurs... Une seule voix et un seul corps pour retranscrire la matière foisonnante du roman satirique de Diderot où se croisent récits édifiants ou grivois, dialogues, sentences, réflexions philosophiques ou morales... La prestation est parfois un peu confuse, mais toujours pleine d'énergie ! Tour à tour maître de cérémonie, conteur, imprécateur, confident, provocateur, complice ou énigmatique, ce beau-parleur livre sa pensée et interroge régulièrement le public (mais aussi sa gourde) sur la nécessité que cela puisse continuer... et le public en redemande !

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Jacques le fataliste
D'après le roman de Denis Diderot
Mise en scène de Pascal Papini
Avec Pierre Barayre
Durée : 1h40

Spectacle vu le 15/02/2013 à la Scène nationale d'Albi.

12/02/2013

Indian Creek – Pete From [1993]

Indian Creek, Pete Fromm« Le garde commença à parler de bois à brûler. Je hochais la tête sans arrêt, comme si j'avais abattu des forêts entières avant de le rencontrer.
- Il te faudra sans doute sept cordes de bois, m'expliqua-t-il. Fais attention à ça. Tu dois t'en constituer toute une réserve avant que la neige n'immobilise ton camion.
Je ne voulais pas poser cette question, mais comme cela semblait important, je me lançai :
- Heu... C'est quoi, une corde de bois ? » (p. 28-29)

Ainsi débute le long hiver que Pete Fromm, âgé de 20 ans, s'apprête à vivre au cœur des montagnes Rocheuses de l'Idaho. Il veut connaitre l'aventure, seul et loin du monde, et peut-être se découvrir un avenir, lui qui ne sais pas quoi faire de sa vie. Sauf qu'il ne connait rien à la vie sauvage, et pas grand-chose à ces alevins de saumon qu'il doit préserver en attendant leur migration ! Il a sa tente, ses provisions, ses outils, sa chienne pour seule compagnie, et ses phantasmes de trappeur pour guide de survie. Il va connaître le froid des nuits d'hiver, les prédateurs, la solitude, et un peu la trouille aussi. Mais il va surtout découvrir la beauté des grands espaces, l'éclat du couchant, la grâce des hordes de mouflons, et ses propres limites...

« En acceptant de venir ici, j'avais dans la tête une vague idée de liberté : n'obéir à personne, ne faire que ce que je voulais. Il me semblait maintenant avoir négligé le fait tout simple que même si je pouvais faire tout ce qui me chantait, et à n'importe quel moment, il n'y avait rien à faire. » (p. 45-46)

« Après un hiver passé à rêver de m'échapper quelques jours, je n'avais plus envie de sauter dans mon camion pour m'en aller. Je restai dans la montagne à regarder le printemps s'installer et transformer mon univers. » (p. 196)

Pete Fromm livre ici un témoignage drôle et plein d'autodérision mais, si l'on sent son récit sincère, il reste assez plat, trop centré sur le narrateur, et manque de souffle pour réellement nous emporter.

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e%2020.gif Pete Fromm, Indian Creek (Indian Creek Chronicles: A Winter in the Wilderness), traduit de l'américain par Denis Lagae-Devoldère, éd. Gallmeister, coll. totem, 237 pages, 9,20 €.