29.09.2008
Le vieux qui lisait des romans d'amour – Luis Sepúlveda (1992)




Le vieux en question s'appelle Antonio José Bolivar Proaño et vit à El Idilio, petit village péruvien en bordure de la forêt amazonienne. Longtemps, il fut un dur à cuire. Mais aujourd'hui, par la grâce de livres à l'eau de rose, son cœur a mué et s'est attendri car «ces romans parlaient d'amour avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes.» Alors, il vit maintenant en marge du reste du village, avec pour seule compagnie ses quelques romans d'amour.
Un jour une pirogue chargée du cadavre d'un homme blanc atrocement mutilé échoue près du village et les habitants d'El Idilio n'hésitent pas à accuser les indiens du meurtre. Seul Antonio déchiffre dans les étranges blessures du mort la marque d'un félin et décide de partir en chasse.
Le récit se construit alors entre flash-backs relatant la vie antérieure d'Antonio (son départ d'Espagne avec sa femme, la mort de celle-ci, sa vie parmi une tribu d'indiens Shuars, son retour parmi les hommes blancs...) et les scènes de traque du fauve dans la jungle. L'histoire évolue ainsi avec fluidité, sans s'appesantir plus que nécessaire sur des scènes qui parlent d'elles-mêmes. Avec simplicité et sans jamais être pontifiant Luis Sépulveda nous parle de la nature, de peuples menacés, de l'Homme destructeur. Le récit recèle ainsi une grande force d'évocation quand il décrit à mots comptés la forêt amazonienne et les êtres qui l'occupent. Mais loin de nous donner une description idyllique d'un paradis fantasmé, l'Amazonie de l'auteur - qui la connaît bien pour y avoir vécu - est un lieu organique qui peu s'avérer cruel, dur et hostile, mais qui n'en mérite pas moins pour autant le respect. D'un ton toujours léger, parfois amusé ou ironique, tendre et poétique, l'auteur nous livre ainsi un agréable conte écologique.
Quant au personnage à la fois naïf et rusé d'Antonio José Bolivar et son goût pour les romans d'amour, il apporte une petite touche fantaisiste au récit et de bien jolis passages sur l'amour des livres : «Il lisait lentement en épelant les syllabes, les murmurant à mi-voix comme s'il les dégustait, et, quand il avait maîtrisé le mot entier, il le répétait d'un trait. Puis il faisait la même chose avec la phrase complète, et c'est ainsi qu'il s'appropriait les sentiments et les idées que contenaient les pages. Quand un passage lui plaisait particulièrement, il le répétait autant de fois qu'il l'estimait nécessaire pour découvrir combien le langage humain pouvait aussi être beau.»
BlueGrey
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Luis Sepúlveda, Le vieux qui lisait des romans d'amour (Un viejo que leía novelas de amor), traduit de l'espagnol (Chili) par François Maspero, éd. Métailié, coll. suites, 2004 (1992), 136 pages, 8 €.
Les avis de Gaël, Mme Patch, Pom', InFolio et du Biblioblog.
Du même auteur : Le Monde du bout du monde
18:24 Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, roman, amazonie, pérou, forêt, chasse
26.09.2008
Tôkyô électrique – Collectif (2000)



Tôkyô ! Gigantesque Tôkyô : 2000 kilomètre carrés, 12 millions d'habitants... Cinq écrivains japonais (Muramatsu Tomomi, Morita Ryûji, Hayashi Mariko, Shiina Makoto, Fujino Chiya) nous présentent quelques individus comme choisis au hasard dans cette cohue. Car si Tôkyô donne son nom à ce recueil de nouvelles, elle ne sert finalement que de décors aux quelques éclats de vies captés dans ces cinq récits.
L'évanescente Yumeko est au centre des conversations entre habitués du bar Fukagawa. L'auteur, Muramatsu Tomomi, porte un regard empathique et tendre sur ces personnages. Il les décrit dans un environnement (le bar et le quartier Fukagawa) qui semble les avoir façonné. Et c'est dans leur dialogue, entre retenu et suggestion, que l'on devine la personnalité énigmatique de l'absente, Yumeko.
Dans Les Fruits de Shinjuku, deux étudiants paumés, personnages profondément romantiques, se prennent de passion pour une toute jeune prostituée philippine et sont ainsi confrontés à une violence qui les dépasse. Le style incisif, presque photographique, de Morita Ryûji donne à ce récit un ton de "vérité" troublant et quelque peu dérangeant.
Eriko est une jeune femme qui a su se faire une place à la fois dans le monde du travail et dans celui de la consommation. Elle se revendique libre, jouisseuse, sans contraintes... Elle a fait un pacte avec Yôichirô : être Amants pour un an. Dans cette nouvelle faussement naïve et assez amère, Hayashi Mariko met en scène les rêves et les désillusions d'une jeune femme en décrivant sa difficile rencontre avec un homme quand les règles de la séduction, la recherche du plaisir personnel et les exigences de l'organisation sociale (mariage, famille, travail) se font trop contradictoires.
Après l'incendie de son logement, un salaryman campe sous La Tente jaune sur le toit. Cette nouvelle de Shiina Makoto, pleine de fraîcheur, est empreinte d'une sorte d'«optimisme désillusionné» : un style et un ton que j'ai particulièrement apprécié.
Enfin Natsumi est Une ménagère au poste de police. Ce récit de Fujino Chiya débute dans le quotidien pour doucement se teinter d'absurde.
Bien qu'écrites par des auteur différents, ces cinq histoires ont une proximité stylistique évidente (l'écriture japonaise ?) : élégance d'un style épuré qui sait suggérer à moindre mots. Autre constante, il ne s'agit pas de nouvelles "à chute". Ces nouvelles n'ont pas de début ni de fin marqués, mais plutôt un final en points de suspensions...
BlueGrey
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Muramatsu Tomomi, Morita Ryûji, Hayashi Mariko, Shiina Makoto, Fujino Chiya, Tôkyô électrique, traduit du japonais par Corinne Quentin, éd. Philippe Picquier, coll. Picquier Poche, 2006 (2000), 270 pages, 8,50 €.
00:17 Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, nouvelles, japon, tokyo
23.09.2008
"Lire & délires" vous invite...
Lire & délires c'est le club lecture des blogueuses toulousaines (et assimilées) : Anjelica, ALaure, YueYin, Flo (qui n'a plus de blog), Choupynette, Etoiledesneiges et moi-même. But du club ? Lire et parler lecture bien sûr et (mais ceci est accessoire, bien entendu) se retrouver régulièrement autour d'un bon repas, pour papoter gentiment en se baffrant allégrement...
Lors de notre dernière rencontre, le WE dernier, nous avons eu envie de vous lancer invitation : vous zaussi participez à notre prochaine rencontre et viendez nous retrouver autour d'une lecture ou d'un goûter !
Notre prochaine rencontre est prévue mi-novembre avec pour thématique "retour aux sources" (que je vous explicite dans quelques instants, pas de panique !) et nous vous proposons donc d'y participer soit virtuellement, soit réellement, soit les deux ! Pour cela rien, de plus simple : il vous suffit de lire un livre correspondant à notre thématique et de publier sur vos blogs votre commentaire le jour J (pas encore déterminé). Et pour ceux qui vivent dans le coin ou qui seraient de passage dans la région mi-novembre, nous vous invitons à participer à notre prochaine rencontre qui aura lieu dans un lieu public pour désinhiber les plus timides... WOILA ! Je vous ai tout dit, ou presque, il me reste plus qu'à expliciter notre thématique "retour aux sources".
Le "retour aux sources" keskecé ?
L'idée de départ était de revenir aux origines d'un mythe. L'idée m'en est venue avec l'engouement actuel de la littérature pour les vampires : je suggérais à mes petites camarades de se plonger dans le «Dracula» originel, celui de Bram Stoker. Et pour ceux qui sont fascinés par la mythe de l'Atlantide, pourquoi ne pas s'intéresser aux écrits sur le sujet de Platon et Hérodote? Bon, arrivée là, je sens quelques zinquiétudes zet scepticismes... Mais mon retour aux sources peut facilement être élargi à des écrits contemporains : lire le roman ayant inspiré un film ou dessin animé qui vous a particulièrement plu par exemple. Et là les exemples foisonnent, dans tous les genres! Voici quelques idées :
Le Seigneur des anneaux – JRR Tolkien
La tombe des lucioles – Akiyuki Nosaka
Un long dimanche de fiançailles – Sébastien Japrisot
La ferme africaine – Karen Blixen
Le nom de la rose – Umberto Eco
Un secret – Philippe Grimbert
Mystic River – Dennis Lehane
Alors, n'hésitez pas et joignez-vous à nous !
09:10 Publié dans => Lire & délires | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Lire & délires
20.09.2008
Le papyrus de Venise – François Darnaudet (2006)



1878, Wyoming : Edward Drinker Cope, célèbre chasseur de dinosaures, fait une découverte déconcertante lors d'un chantier de fouilles.
2025, Venise : Monsieur Despons, antiquaire-libraire et trafiquant d'œuvres d'art, est engagé pour retrouver un manuscrit perdu.
25 juin 1876, Little Big Horn : les hommes du 7e régiment de cavalerie de l'US Army du lieutenant-colonel Custer affrontent une coalition de Cheyennes et de Sioux.
24 novembre 1870, Paris : le poète Lautréamont meurt alors que le Second Empire s'effondre.
A travers les siècles et les continents, les géants descendants des atlantes s'opposent aux énigmatiques Hommes en noir. L'enjeu : un mystérieux papyrus qui prouverait l'existence de la mythique Atlantide et révèlerait ainsi l'histoire oubliée des origines des civilisations.
L'auteur entraîne le lecteur dans une quête effrénée des secrets de la mythique Atlantide. Récit à épisodes, intrigue-puzzle, mélange des lieux et des époques : l'auteur joue à brouiller les pistes tout en maintenant la cohérence de l'ensemble. Toutefois, mieux vaut ne pas trop parceller sa lecture si on veut saisir toutes les imbrications ! La construction éclatée du roman, les chapitres courts et le style serré donnent un souffle vigoureux au récit, mais au final on peut regretter que l'histoire s'achève aussi vite et n'ait pas été plus développée. En effet le récit est habile, bien pensé, bien écrit, bien construit, très documenté, on y sent toute la passion de l'auteur pour le sujet, et il tient le lecteur en haleine jusqu'au bout, mais... Mais on en voudrait plus ! Alors qu'il est évident que ce roman repose sur un travail documentaire solide qui ouvre des myriades de possibilités scénaristiques, on ne peut que regretter que Darnaudet n'est pas plus étoffé son récit dont la fin est bien trop hâtée ! Il y avait indubitablement là matière à beaucoup plus ! Du coup il est difficile de se départir de cette impression que le potentiel de cette intrigue n'a pas été réellement exploité. Et on quitte ce récit passablement frustré...
Le roman est complété par une nouvelle pseudo-autobiographique axée sur l'intérêt de l'auteur pour le fantastique, et par trois nouvelles très émouvantes portant sur la disparition de sa mère où le trouble, la nostalgie et le désarroi s'entremêlent aux souvenirs d'enfance.
BlueGrey
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François Darnaudet, Le papyrus de Venise, éd. Nestiveqnen, 2006, 223 pages, 17 €.
17:55 Publié dans => Lire & délires | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, roman, fantastique, Atlantide, Lire & délires
11.09.2008
Le Montespan – Jean Teulé (2008)


Genre : cocasse roman presque historique
«Louis-Henri, être cocu, c'est la chance de votre vie.»
Ce Louis-Henri-là, c'est Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, époux de LA Montespan, célébrissime favorite de ce coureur de jupons de Louis XIV. Pour Louis-Henri, quelle chance ! Car au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque est un privilège ! Sauf que Louis-Henri ne l'entend pas ainsi. Car Louis-Henri est passionnément amoureux de sa Françoise voyez-vous, et il ne consent pas à la partager, serait-ce avec le Roi ! Il défie donc l'autorité royale, refuse les honneurs et prébendes, est indifférent aux menaces et procès, aux emprisonnements, à la ruine et aux tentatives d'assassinat : pour récupérer sa femme, il brave l'homme le plus puissant de la planète. Il fait repeindre son carrosse en noir et l'orne d'énormes ramures de cerf, il s'introduit de nuit dans la chambre de la reine afin de lui faire ce que le Roi se permet de faire à son épouse, il organise les funérailles de son amour défunt... Bref, il magnifie son état de cocu !
Truffé d'anecdotes aussi rocambolesques que croustillantes, navigant entre véracité historique, expressions d'époques et plume très contemporaine au style cru et sec (quoique le trait soit parfois un peu forcé), ce roman, ni vraiment historique, ni réellement romanesque, est drôle et atypique. Car la révolte du marquis cornu contre le fait du prince est désopilante ! Cet homme dont l'infortune n'a eu d'égale que son opiniâtreté à tenter de préserver son honneur, cet homme plein de panache, prêt à tout plutôt qu'à renoncer, est un personnage à la fois pathétique et grandiose, un héro excessif et superbe, ridicule et touchant. Un personnage extravagant, un naïf au cœur pur, en décalage avec la société dans laquelle il vit où l'on trompe sans états d'âme et trahit sans vergogne, à l'image de leur maître à tous, Louis XIV, le roi des dépravés.
Bref, une bien jolie farce !
BlueGrey
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Jean Teulé, Le Montespan, éd. Julliard, 2008, 352 pages, 20 €.
Du même auteur : Le Magasin des Suicides
12:25 Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, roman, roi, cocu
07.09.2008
La perle - John Steinbeck (1947)



«Jouant de sa lame comme d'un levier, il le fit céder et le coquillage s'ouvrit. Les lèvres de chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva le repli et la perle était là. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu'un œuf de mouette. C'était la plus grosse perle du monde.»
C'est l'histoire d'une grosse perle, comment elle fut trouvée, puis perdue à nouveau. C'est l'histoire de Kino, le pêcheur, de sa femme Juana et de leur bébé Coyotito. C'est la courte fable d'un pauvre pêcheur d'origine indienne qui pêche, en Californie, la plus grosse perle du monde. Il espère qu'elle lui apportera tout ce dont il a toujours rêvé, le meilleur pour sa femme et son fils, la reconnaissance sociale, et le respect. Mais cette découverte éveille les convoitises des voisins et déchaîne autour de lui les forces du mal...
Le thème et le message de l'oeuvre sont très simples : "l'argent ne fait pas le bonheur". Mais au-delà de cette simplicité, le style de Steinbeck métamorphose le conte en une parabole tragique jugeant de la nature humaine, de la jalousie et de la corruption. Steinbeck caractérise remarquablement les comportements humains, dans des passages courts mais acérés. Ses descriptions des vices et des vertus des hommes sont d'une justesse terrible et implacable. Toute l'analyse de l'auteur est distillée grâce à un style fluide. L'intrigue est menée comme dans un roman policier, les événements se succèdent afin de garder le lecteur toujours en émoi, jusqu'au dénouement tragique.
Un texte agréable pour le style Steinbeck mais dur par l'histoire très noire et jusqu'au bout sans éclaircie.
BlueGrey
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John Steinbeck, La perle (The Pearl), éd. Gallimard, coll. folio, 1973 (1947), 121 pages, 5,30 €.
20:15 Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, livre, perle, mer, pêcheur
04.09.2008
Les Conspirateurs – Shan Sa (2005)


A Paris, Jonathan Julian, bel informaticien américain, aménage dans le même immeuble que la chinoise Ayamei, ancien leader des émeutes de Tianan men réfugiée en France et étrangement liée à Philippe Matelot, politicien français véreux. Ces trois personnages vont se croiser, se séduire, se mentir, se tromper, se manipuler, se traquer, chacun oeuvrant en secret pour son gouvernement, car tous trois sont espions.
Pour construire son intrigue, l'auteur s'est uniquement concentré sur les tensions relationnelles et émotionnelles entre les personnages qui se livrent à une guerre psychologique. A chaque chapitre, le narrateur change et le lecteur découvre ainsi ce que chacun des personnages sait ou devine des autres, celui que l'on pensait manipulé manipulant tout autant. Les trois espions jouent ainsi à qui est qui en une intrigue en poupées russes où les enjeux politiques mondiaux, la guerre économique entre Etats et les rivalités entre services de contre-espionnages ne servent finalement que de décors à un banal chassé-croisé amoureux. Car sans toutefois oser franchement le vaudeville, ce roman de Shan Sa s'apparente plus à un marivaudage (avec pour épicentre le grand classique du triangle amoureux) qu'à un roman d'espionnage. Et même dans ce registre, nous sommes loin de la beauté poétique du très élégant et sensible roman La joueuse de Go. Les personnages sont caricaturaux, les dialogues sont lourds et affligeants de platitude (saupoudrés par moment d'anglais et chinois en VO, artifice totalement superflu) et les situations manquent de crédibilité. La structure narrative et le développement du récit en un dévoilement progressif des personnalités donne un certain intérêt à l'intrigue, sans toutefois rattraper la désespérante pauvreté et superficialité de l'ensemble, bien fadasse.
BlueGrey
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Shan Sa, Les Conspirateurs, éd. LGF, coll. Le Livre de Poche, 2007 (2005), 217 pages, 6 €.
11:26 Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, roman, espionnage
01.09.2008
La duchesse de Bloomsbury Street – Helene Hanff (1973)



Après vingt ans de correspondance avec le personnel d'une librairie londonienne spécialisée en livres rares, Helene Hannf la new-yorkaise découvre enfin Londres en juin et juillet 1971. Malheureusement l'ami libraire, Frank Doel, est décédé sans qu'elle ait pu le rencontrer. Mais se femme, sa fille et une foule de personnages hauts en couleur l'accueillent lors de son séjour, ses premières vacances à l'âge de 54 ans. Tour à tour bougonne et enjouée, l'excentrique Helene nous fait partager son voyage, ses rencontres, ses impressions, raconte sa plongée dans un univers mondain qui n'est pas le sien, croque Londres et les londoniens et émaille sont récit de points de vues savoureux (sur le bus, la prostitution, la famille royale, les fêtes nationales, la recette du gin-martini...). Et surtout nous la suivons avec tendresse et émotion sur les traces de ses héros de toujours : dramaturges, poètes, philosophes, de préférence élisabéthains.
Ce récit est certes moins alerte et touchant que sa correspondance, mais pour qui a aimé 84, Charing Cross Road, retrouver Helene fidèle à elle-même (hypocondriaque, impécunieuse et iconoclaste au grand cœur) et partager sa découverte du Londres littéraire est un plaisir !
BlueGrey
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Helene Hanff, La duchesse de Bloomsbury Street (The duchess of Blommsbury Street), traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Noël Liaut, éd. Payot, 2002 (1973), 189 pages, 12,50 €.
L'avis de YueYin.
Du même auteur : 84, Charing Cross Road
09:13 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livre, autobiographie, Londres























