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23/01/2008

La Voleuse de livres – Markus Zusak (2005)

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48b082d75910b0493bab5d0c7eb5105a.gifInterpellée par le titre de ce livre tombé entre mes mains grâce à Flo, je fus encore plus intriguée par sa quatrième de couverture où je découvris qu'il était question « d'une fillette, de mots, d'un accordéoniste, d'allemands fanatiques, d'un boxeur juif, et d'un certain nombre de vols », le tout conté par La Mort en personne ! Une mort pince-sans-rire (« Je n'ai pas de faux, ni de faucille. Je ne porte une robe noire à capuche que lorsqu'il fait froid. Et je n'ai pas cette tête de squelette que vous semblez prendre plaisir à m'attribuer. »), omniprésente et omnisciente, qui n'hésite pas à révéler dès le début du livre son dénouement : « Evidemment, c'est très impoli de ma part. Je suis en train de gâcher non seulement le dénouement du livre, mais la fin de ce passage particulier. Je vous ai annoncé deux événements, parce que mon but n'est pas de créer un suspense. Le mystère m'ennuie. Il m'assomme. Je sais ce qui se passe, et du coup vous aussi. Non, ce qui m'agace, me trouble, m'intéresse et me stupéfie, ce sont les intrigues qui nous y conduisent. » La Mort en fait d'ailleurs parfois un peu trop, notamment dans le prologue, inutilement grandiloquent et qui pourrait rebuter certains lecteurs. Je la préfère plus sobre, quand en quelques phrases dites en aparté, elle recontextualise son histoire et assène ainsi, l'air faussement détachée, une baffe au lecteur qui se laissait gentiment bercé par l'apparente indolence du récit : Découvrir la suite...

07/12/2007

Harry Potter et les Reliques de la Mort (Harry Potter, tome 7) – J.K. Rowling (2007)

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5fdb61c0450c9a4069c2de19a626cf3a.gifDepuis le 21 juillet dernier, date de la sortie anglo-saxonne de cet ultime tome, je me bouche héroïquement les oreilles et détourne courageusement les yeux de toute allusion potterienne afin de ne pas gâter le suspens et altérer mon plaisir de lecture quand enfin j'aurai ce livre entre les mains... Et aujourd'hui, le jour fatidique est arrivé : c'est fini ! Non, ce n'est pas un cri de joie que j'émets ainsi, mais plutôt un regret. Car oui, moi aussi je m'y suis laissée prendre, et c'est avec regret que j'ai quitté l'univers de Harry une fois ma lecture achevée. Comme sans doute beaucoup d'entre vous, j'ai lu ce roman partagée entre l'envie d'enfin savoir comment tout cela se termine (même si l'intrigue et le final sont prévisibles), et le désir de faire durer ce dernier rendez-vous...

...dans lequel Harry doit accomplir son destin : affronter Vous-Savez-Qui. Avant de mourir, Albus Dumbledore lui a révélé la manière dont ce dernier a divisé son âme en sept parties, enfermées dans des objets symboliques, les Horcruxes. Harry, toujours flanqué de Ron et Hermione, doit donc retrouver et détruire ces Horcruxes. Et sans dévoiler la fin des aventures du sorcier (Mourra ? Mourra pas ?), je peux toutefois vous donner quelques unes de mes impressions tant sur ce dernier tome que sur l'ensemble de l'heptalogie signée J.K. Rowling.

La première bonne surprise de cet ouvrage est que, après avoir ouvert tant de pistes inédites dans l'avant-dernier volume un peu indigeste (Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé) qui faisait craindre un dernier tome échevelé, J.K. Rowling réussit à boucler sa saga de façon honnête et efficace, en résolvant quasiment tous les mystères. Ce livre est certes plus sombre que les précédents (les cadavres s'amoncellent) mais il est bien rythmé, on y retrouve humour, action, révélations, retournements de situation, et l'on fait même un dernier petit tour à Poudlard, la plus fascinante école de magie jamais fréquentée (honnêtement, n'avez-vous jamais eu envie d'aller y faire un tour ?).

Cet ultime opus est la conclusion d'une expérience unique en littérature jeunesse : en effet, en choisissant de faire vieillir ses personnages d'un an à chaque tome et en conduisant ainsi son héros depuis l'enfance jusqu'à sa majorité, J.K. Rowling a accompagné une génération de lecteurs à l'orée de l'âge adulte. La série Harry Potter est un récit initiatique dense et complexe, où le héros (et dans une certaine mesure le lecteur avec lui) s'arrache, dans la douleur, à l'univers magique de l'enfance pour entrer dans l'âge adulte.

Toutefois, depuis le quatrième tome (Harry Potter et la coupe de feu) il est évident que J.K. Rowling n'écrit pas que pour les enfants. L'introduction de la mort, de la souffrance, a modifié la tonalité des romans. De plus les thèmes brassés par l'auteur rencontrent un écho immédiat dans notre monde contemporain et notre histoire : racisme de certains sorciers au "sang pur" contre ceux d'ascendance moldue, sort des elfes de maison, sous-classe opprimée indifféremment par les "méchants" et les "bons", trahison des institutions, enregistrement des nés-moldus pour mieux les éradiquer, désinformation dans les médias officiels, résistance, etc.

Au final on prend conscience de la cohérence de l'univers créé par J.K. Rowling, univers à la fois exotique mais aussi très proche de notre quotidien et pour lequel les réponses sont à trouver au-delà de la magie, dans des valeurs humanistes. Un message certes "évident" mais distillé de bien belle manière.

  

BlueGrey

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J.K. Rowling, Harry Potter et les Reliques de la Mort (Harry Potter and the Deathly Hallows), traduit de l'anglais par Jean-François Ménard, éd. Gallimard, 2007, 809 pages, 26,50 €.

Plein d'autres avis, partout sur le net, en voici quelques uns : Kalistina, Livrovore, Thom, YueYin, Gaël, Gachucha, etc.

03/11/2007

La petite fille de Monsieur Linh – Philippe Claudel (2005)

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Voici un petit livre bouleversant qui parle d'exil, de solitude, de courage, d'amour, d'amitié et de folie. C'est un petit roman simple, beau et touchant. Simplement, un petit roman qui fait du bien (même si on pleure à la fin).

2ff12bfed15074fe63acf34b4c022416.gif« C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui. » Monsieur Linh est un vieil homme. Après avoir perdu tous les siens il a fui son village et sa patrie (le Vietnam ?) dévastés par la guerre, n'emportant avec lui qu'une petite valise contenant quelques vêtements, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays. Et, blottie au creux de ses bras, sa petite fille Sang Diû, "Matin doux" : « Six semaines. C'est le temps que dure le voyage. Si bien que lorsque le bateau arrive à destination, la petite fille a déjà doublé le temps de sa vie. Quant au vieil homme, il a l'impression d'avoir vieilli d'un siècle. » Un jour de novembre le bateau arrive à destination et Monsieur Linh débarque, avec des centaines d'autres réfugiés, dans un pays gris et sans odeur (la France ?). C'est le froid glacial qui accueille les émigrés, le froid et l'indifférence. Dans cette ville inconnue où les gens s'ignorent, il va pourtant se faire un ami, Monsieur Bark, bonhomme replet et sympathique, très affecté par la mort de sa femme. Entre ces deux solitudes, une étrange amitié se noue, une amitié qui voit au delà des apparences, entend au delà des mots, comprend au delà des langages...

Philippe Claudel utilise une écriture fine et précise, des phrases courtes, des mots simples et justes, et beaucoup de délicatesse pour écrire son histoire. Une histoire construite sur une trame triste (la guerre, la mort, l'exil, le déracinement, le manque, la mémoire, la solitude) mais qui ne tombe pas dans la mièvrerie ou l'apitoiement. Ce roman se lit aussi facilement qu'il est difficile à oublier et se révèle profondément émouvant et d'une grande délicatesse. Une fois le livre refermé le lecteur, touché en plein cœur, comprend qu'il ne lui sera pas facile de se plonger dans une autre histoire...

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Philippe Claudel, La petite fille de Monsieur Linh, éd. Stock, coll. Le Livre de Poche, 2007 (2005), 183 pages.

Les avis de Solenn, Papillon, LivrovoreAnjelica et du Bilioblog.

Du même auteur : Quelques-uns des cent regrets

21/10/2007

Le Monde du bout du monde – Luis Sepúlveda (1989)

5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif Genre : polar écologiste

a32ff193d6575c565af967d5f4de2689.gif«Les bateaux qui ont connu le goût de l'aventure deviennent amoureux des mers d'encre et ils aiment naviguer sur le papier.»

Parce qu'il a lu Moby Dick, un garçon chilien de 16 ans rêve de chasse à la baleine. Grâce à son Oncle (oui, il a un Oncle avec une majuscule) il rencontre "Le Basque", impressionnant chasseur de baleine, et son harponneur Don Pancho, et embarque avec eux sur l'Evangéliste. Mais en assistant à la capture et au dépeçage d'un cachalot, il comprend que la véritable chasse à la baleine est bien loin de l'image romanesque qu'il s'en était fait : «Le lendemain matin, deux canots ont remorqué l'animal jusqu'à la plage et là les Chilotes l'ont ouvert avec des couteaux semblables à des cravaches de jockey. Le sang inondait les galets et les coquillages en formant des ruisseaux sombres qui rougissaient l'eau. Les cinq hommes avaient mis des cirés noirs et ils étaient ensanglantés des pieds à la tête. Les mouettes, les cormorans et autres oiseaux de mer volaient au-dessus, rendus fous par l'odeur du sang, et plus d'un payait son audace d'un coup de couteau qui le fendait en deux en plein vol.»

Vingt ans plus tard : juin 1988. Exilé à Hambourg, le jeune garçon est devenu un journaliste dévoué à la cause écologiste. Alors, quand un baleinier industriel japonais, censé avoir été réduit en bouillie à la casse réapparaît en pirate pourchasseur de baleines et fait un étrange naufrage à l'extrême sud de la Patagonie, il décide de mener l'enquête. En retournant sur les lieux de son enfance il va rencontrer le capitaine Nilssen, fils d'un marin danois et d'une Indienne Ona : «Une épaisse chevelure grise empêchait de calculer son âge, et je le vis franchir les quelques mètres qui nous séparaient avec cette démarche de pélican caractéristique des marins qui ont beaucoup de milles derrière eux [...] Ils ne descendent pas souvent à terre et semblent garder dans leur corps le balancement des navires.» Avec l'énigmatique capitaine il va naviguer parmi les récifs du cap Horn, sur une mer hantée par les légendes de pirates et d'Indiens disparus, vers des baleines redevenues mythiques...

La première partie de ce roman, récit initiatique du jeune garçon, m'a relativement indifférée. Dans la seconde partie, quand le roman vire au polar écologiste, mon intérêt s'est réveillé, et j'ai été harponnée par l'énigme du Nisshin Maru, le baleinier fantôme. Quant au dénouement, l'intervention du merveilleux qui vient interrompre le réalisme factuel de la narration ma désarçonnée. Si ce final ne manque pas de poésie, il jure dans un contexte didactique visant à la prise de conscience écologique. En conclusion, je dirai que Le Monde du bout du monde est un roman poétique et militant qui aurait sans doute gagné en puissance si son auteur avait évité la pirouette finale et était allé au bout de sa démonstration.

 

BlueGrey

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Luis Sepúlveda, Le Monde du bout du monde (El mundo del fin del mundo), traduit de l'espagnol (Chili) par François Maspero, éd. Métaillé, coll. suites, 2005 (1989), 130 pages.

Les avis plus enthousiastes de Frisette et du Biblioblog.

Et merci à ALaure de m'avoir offert ce roman dans le cadre du swap organisé par Loutarwen !

Du même auteur : Le vieux qui lisait des romans d'amour

19/10/2007

La boîte noire – Tonino Benacquista (1999)

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5a96bcdbb49a06b9228f822a0d01f0c4.gifTonino Benacquista nous livre ici cinq nouvelles très inégales, allant du meilleur au pire.

Dans la première, La boîte noire, un homme tout juste sorti du coma reçoit de l'infirmière qui s'occupait de lui un carnet avec la transcription exacte de ses délires verbaux : son passé et ses secrets les plus enfouis refont ainsi surface dans une variation insolite sur les mystères de la psyché et de l'identité. Adaptée au cinéma en 2005 par Richard Berry, cette nouvelle est à ne pas rater et est la meilleure de ce recueil, les autres étant d'une qualité nettement inférieure.

Suit ensuite La volière, un récit assez touchant et plaisant, dans lequel un jeune homme, pour accomplir les dernières volontés d'un oncle qu'il aimait et qui l'aimait, va découvrir le secret du vieux monsieur. La troisième nouvelle, Un temps de blues, anecdotique mais agréable, nous entraîne dans un bar sur fond de pluie, de jukebox et de coups à boire avec un mec qui, s'il se concentre vraiment, peut arrêter la pluie.

Les deux dernières nouvelles du recueil sont franchement médiocres. Dans Transfert un mari est prêt à tout pour rencontrer sa maîtresse malgré une femme maladivement jalouse, le tout sur fond de déprime. Et dans La pétition un journaliste en manque de scoop pense réaliser sa meilleure interview et conquérir la femme de sa vie en une soirée, mais bien sûr rien ne va se passer comme il l'espérait.

  

BlueGrey

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Tonino Benacquista, La boîte noire, éd. Gallimard, coll. folio, 2005 (1999), 123 pages, 2 €.

Les avis de Kalistina et Lhisbei.

Du même auteur : Quelqu'un d'autre