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29/05/2009

Kafka sur le rivage – Haruki Murakami (2003)

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Kafka sur le rivage.gifKafka sur le rivage : le titre, énigmatique, nous charme avant même d'avoir ouvert le livre... On ouvre donc ce roman déjà rêveur et prêt à se laisser séduire... et, irrémédiablement, on est séduit, fasciné, envoûté, totalement captivé par ce récit pourtant débordant de défauts !

Kafka sur le rivage est la quête initiatique extravagante et jubilatoire de Tamura, un jeune garçon qui se fait appeler Kafka (là s'arrête toute allusion au maître), et qui s'est inventé un autre lui-même, « le garçon nommé corbeau » (Kafka signifie corbeau en tchèque). Kafka-Tamura fugue le jour de ses 15 ans pour échapper à son artiste et tyran de père qui lui a prophétisé qu'il serait parricide et incestueux. Il échoue finalement dans une merveilleuse bibliothèque tenue par une très attirante mademoiselle Saeki au regard triste et par un androgyne éclairé qui va devenir son mentor.

Pendant ce temps le vieux Nakata, un simple d'esprit qui a de la peine à communiquer avec les humains mais qui sait parler aux chats (les conversations félines sont superbes, embellies de formulations joliment désuètes) et sait déchiffrer les mystérieux présages du monde surnaturel, prend la route, lui aussi, sous l'effet de quelque force obscure. Il rencontre un jeune chauffeur routier sympathique et inculte qui, auprès du simplet Nakata, va s'ouvrir au monde, se mettre à douter, à penser...

Entre Tamura et Nakata, des fils invisibles se nouent peu à peu, faisant inexorablement converger leurs destins dans les détours d'un scénario de plus en plus hypnotique...

Malheureusement le récit perd de son efficience sous l'accumulation de clichés : la naïveté du jeune héros pétri d'illusions sur la Vie et l'Amour, l'idiot du village qui ignore les règles de la vie "normale" mais détient une perception supérieure, le routier hâbleur au grand cœur qui s'adoucit par la découverte de la musique classique, la prostituée philosophe... Rien ne nous est épargné ! Ajoutons à cela quelques lieux communs poético-philosophico-psychanalytique, des références littéraires qui rôdent sans but, et quelques longueurs...

Toutefois, c'est le brouillage entre la réalité brute et une irréalité fantasmagorique quelque peu inquiétante, additionné d'une propension à la bizarrerie fantastique, qui définit l'univers si singulier de Murakami. Un univers sans limites, aux confins de tous les possibles. Ouvrir un de ses livres, c'est traverser le miroir : il faut accepter de plonger dans une réalité alternative, empreinte de surréalisme, où le temps se condense, où passé et présent se rencontrent, où les simples d'esprits parlent le langage des chats, où il pleut des poissons, où des soldats perdus montent la garde auprès de « la pierre de l'entrée », et où l'Amour défie toute logique spatio-temporelle. Lire Murakami, c'est aller vers l'inconnu, franchir des frontières et des passerelles entre rêve et réalité, entre étrange et rationnel. Si vous acceptez la règle du jeu, vous ne pouvez qu'être totalement subjugué par ce récit onirique, romantique, extravagant, merveilleux et jubilatoire !

Et on finit le livre en se disant, tout comme son narrateur : « J'ai refermé ce livre avec un sentiment bizarre. Je me demandais ce que l'auteur avait voulu dire exactement. Mais c'est justement ce "je ne sais pas ce que l'auteur a voulu dire exactement" qui m'a laissé la plus forte impression. »

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Haruki Murakami, Kafka sur le rivage (Umibe no Kafuka), traduit du japonais par Corinne Atlan, éd. Belfond, 2006 (2003), 618 pages, 23 €.

Les avis de YueYin, Florinette, Gachucha et Karine :).

Du même auteur : Choniques de l'oiseau à ressort

26/05/2009

Mon zani-mot à moi !

Mais cômilémignooOOOon !!!


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Merci qui ?

Merci Mr Kiki !

 

24/05/2009

De retour...

...après un petit séjour sous le soleil madrilène... Et comme je suis une gentille fifille (mais si, mais si) je vous en fais profiter...

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09/05/2009

Qu'est-ce que vous voulez voir ? – Raymond Carver (1999)

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Qu'est-ce que vous voulez voir.gifLes cinq nouvelles de ce recueil ont été retrouvées et publiées après la mort de Carver en 1988. Pas tout à fait achevées peut-être, mais d'une extrême netteté, d'une grande précision et d'une minutie remarquable, ces nouvelles en "tranches de vie", par petites touches, parlent avec retenue des drames de la vie : séparation, dépendance, mensonge, solitude... Des histoires de couples partant à vau-l'eau, de séparations, de vies conjugales étiolées, jusqu'à la rupture comme solution logique. Des histoires qui nous plongent dans une Amérique très quotidienne et très banale, où évoluent des personnages ordinaires qui traînent des vies gâchées qui leur échappent. On ne sait pas grand-chose d'eux, on devine un traintrain quotidien que ne viennent même plus bousculer des espoirs de vie meilleure. Jusqu'au jour où une rupture, un changement, un presque rien se produit.

Le tour de force de Carver est d'évoquer ces naufrages individuels dans un style absolument lisse et nu, une écriture dépouillée qui évite la psychologie et les effets, mais qui, pourtant, avec sobriété et sans misérabilisme, fait affleurer la souffrance de ces êtres à la dérive.

La lecture de ces instantanés de vies laisse au lecteur un arrière goût de déprime car rien dans le dénouement en points de suspension de ces nouvelles ne laisse présager que l'après sera meilleur que l'avant...

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Raymond Carver, Qu'est-ce que vous voulez voir ?, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Lasquin, éd. de l'Olivier, 2000 (1999), 133 pages, 14,48 €.

04/05/2009

La douce empoisonneuse – Arto Paasilinna (1988)

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La douce empoisonneuse.gifLinnea est une avenante petite vieille, veuve du colonel Ravaska, qui mène une existence paisible dans sa maisonnette de campagne, non loin d'Helsinki. Elle écoulerait ainsi ses vieux jours, sereinement, entre ses violettes et son chat, sans son gougnafier de neveu qui, aidé de deux acolytes, la rackette mensuellement. Le jour où le trio infernal ne se contente plus de sa maigre retraite mais l'oblige à signer un testament à leur avantage, c'en est trop ! Linnea fuit pour la ville, chez son amant d'antan. Le trio n'a alors plus qu'une obsession : se débarrasser de l'aïeule pour toucher l'héritage. Mais Linnea, sous sons aspect de frêle vieille dame, a de la ressource ! Et les noirs desseins du funeste trio, de situations burlesque en quiproquos rocambolesques, se retournent en faveur de Linnea, tandis que pour ses ennemis... c'est la déculottée !

Ce roman au style faussement naïf et à l'humour décalé se lit avec beaucoup de plaisir et de facilité ! Aux situations improbables et cocasses s'ajoutent des personnages pittoresques bien campés, jamais tout à fait innocents, pleins de défauts, de mauvaises pensées et d'envies (les loubards méchants pas fins : un régal !). A ce titre, le personnage de Linnea est particulièrement savoureux : sous son aspect de frêle et inoffensive mamie, elle s'avèrera plus maligne, ambigüe et vénéneuse qu'il n'y paraissait de prime abord...

De plus, sous l'aparente farce, Paasilinna n'en oublie pas la satire : l'abandon et la maltraitance des personnes âgées, le désœuvrement d'une jeunesse déboussolée carburant à la bière bon marché et vivotant de magouilles, une police pétocharde et incompétente : rien ne va plus dans la belle Finlande...

Enfin l'écriture, légère et enjouée, saupoudrée d'un soupçon d'aigreur et relevée d'un trait d'humour noir et d'une touche de cynisme, ajoute du peps à ce petit roman tout à fait distrayant !

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Arto Paasilinna, La douce empoisonneuse (Suloinen Myrkynkeittäjä), éd. Gallimard, coll. folio, 2003 (1988), 254 pages, 6 €.

Du même auteur : Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen

petit livre.gifUn livre proposé par Pascale.
Les avis de Goelen, Yoshi73, Leiloona, Karine :) & Pascale.