Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/01/2009

Lâchons les chiens – Brady Udall (1997)

5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif 5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif 5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif 5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif

 

Lâchons les chiens.gifEn onze nouvelles, onze instantanés de vie, Brady Udall nous plonge dans "l'Amérique profonde", celle des petits patelins paumés d'Utah et d'Arizona où il ne se passe jamais rien. Pourtant, c'est bien là que Brady Uddal situe tous ses récits, et il sait tromper l'ennui et la normalité malsaine des bleds où ces nouvelles prennent place par un recours naturel au comique et une générosité humble mais réelle. Découvrir la suite...

11/01/2007

Le destin miraculeux d'Edgar Mint - Brady Udall (2001)

5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif 5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif 5241f3784ad62eec1a01a08d1ab59ef3.gif

 

medium_destinmiraculeux.gif« Si je devais ramener ma vie à un seul fait, voici ce que je dirais : j'avais sept ans quand le facteur m'a roulé sur la tête. Aucun événement n'aura été plus formateur. Mon existence chaotique, tortueuse, mon cerveau malade et ma foi en Dieu, mes empoignades avec les joies et les peines, tout cela, d'une manière ou d'une autre, découle de cet instant où, un matin d'été, la roue arrière gauche de la jeep de la poste a écrasé ma tête d'enfant contre le gravier brûlant de la réserve apache de San Carlos. »

A sept ans Edgar Mint se fait donc écrabouiller la tête par la jeep du facteur, par un brûlant après-midi d'été, tandis que sa mère cuve ses bières sous un arbre à canettes. On le croit mort, mais, contre toute attente, il survit, sauvé par un docteur Mabuse inquiétant. Commence alors pour Edgar une vie pleine de tribulations, poursuivi sans relâche par son sauveur de médecin devenu dealer. Il passe tout d'abord les jours heureux de sa convalescence à Sainte-Divine, un hôpital décrépit, une cour des miracles peuplée de personnages délirants, entre le personnel médical hystérique et ses compagnons de chambrée, gueules cassées à l'humeur massacrante. Puis Edgar est envoyé dans un pensionnat pour jeunes Indiens délinquants, sorte d'antichambre du chaos généralisé, où il rencontre la solitude, l'humiliation, la terreur, mais aussi l'amitié. Par la suite Edgar est placé dans une famille d'accueil mormone des plus excentriques. Mais son obsession, son idée fixe, est de retrouver le facteur, celui qui lui a roulé sur la tête, pour lui dire qu'il a survécu.

Avec un ton de candeur amusée assez truculent, Edgar nous narre donc sa seconde naissance et sa seconde vie, passant du "je" au "il" générique lorsqu'il lui devient urgent de mettre un peu de distanciation entre lui et une vie faite d'une succession de miracles ou de coups du destin. A coup de phrases percutantes d'humour et de cruauté, Edgar nous raconte les fantômes qui hantent sa tête cabossée, son parcours rocambolesque fait d'une succession de rencontres futiles ou fondamentales, dont il garde en souvenir des pages et des pages de textes rageurs, dactylographiés sur sa vieille et précieuse machine à écrire, seul témoin et confident de sa vie. On se prend vite d'affection pour cet étrange enfant fracturé, aux idées philosophiques trop avancées pour son jeune âge. On admire sa grande force et sa formidable acuité à décrypter la frénésie et l'incohérence du monde qui l'entoure. A la fois exutoire et supplique, son récit, rempli d'humour et de fureur, est, paradoxalement, des plus réjouissant !

« Qu'elle est la différence entre un accident et un miracle ? La plupart des gens vous répondront que la distinction est facile à établir, mais moi, je n’en suis pas sûr. J'ai tellement connu l'un et l'autre dans ma vie que je n'arrive pas à faire la différence. »

______________________________

Brady Udall, Le destin miraculeux d'Edgar Mint, traduction de Michel Lederer, éd. 10/18, coll. 10/18, 2003, 544 pages, 9,30 €.

Du même auteur : Lâchons les chiens