27/07/2004
[théatre] La leçon - Eugène Iosnesco / Compagnie de l'Entre-Texte
Ionesco nomme sa Leçon une "anti-pièce" : en effet, dépourvue d'une intrigue particulière, c'est le langage qui est le personnage principal de sa pièce. Cette "farce tragique" de Ionesco, écrite en 1951, en plein après-guerre, dénonce l'utilisation du langage comme instrument de pouvoir.
Dans la Leçon, les deux personnages face à face, un professeur et son élève, semblent appartenir à deux mondes différents : l'un, dominateur, violent, s'obstine à enseigner une matière incompréhensible à l'autre, dominée, qui ne désire pas écouter, totalement centrée sur sa propre personne. Cette tentative de "possession" de l'autre par l'autorité du langage et du savoir aboutit à une fin aussi tragique qu'absurde : le maître tue son étudiante.
En résulte une leçon à la fois douloureuse, bouffonne et inquiétante, qui malgré sa dureté, fait sourire et séduit.
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La leçon
De Eugène Ionesco
Mise en scène de Charlotte-Rita Pichon
Avec Marie-Jo Ollivier, Thierry Oustalet, Blandine Vatain
Par la compagnie de l'Entre-Texte, 7 rue Marc Sangnier, 13200 Arles
Spectacle vu le 27/07/2004 au Festival d'Avignon Off
22:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : avignon, festival d'avignon off, théâtre, langage
[théâtre] Cuisine et Dépendances - Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri / Théâtre de Lulu sur la Colline
Martine et Jacques organisent un dîner en l'honneur d'un ami d’enfance devenu très célèbre et qu'ils n'ont pas revu depuis dix ans, mais ils ont la tête ailleurs. Le contrôle de la soirée va complètement leur échapper, car si l'invité est au salon, la vraie soirée se déroule en "coulisse" dans la cuisine ! Là nous croisons Jacques et Martine donc, le jeune couple ami d’enfance du présentateur star, qui n’ont pas le temps de se poser les questions capitales ; Georges, l’ours bougon, squatteur de la maison et aussi ami d’enfance, s’en pose des questions, lui, à tout bout de champ, à tout moment, dans n’importe quel sens, à l’endroit et à l’envers, et ça n’avance à rien ; Charlotte, épouse de cette célébrité et toujours ami d’enfance, ne sait plus quelles questions elle doit poser et se poser ; et Fred, frère de Martine, pas ami, mais proche de l’enfance, qui ne voit pas l’intérêt de s’en poser, des questions. Dans le salon se trouvent deux personnages que l’on ne verra pas dans la pièce : Marilyn, la petite amie de Fred, la bombe sexuelle à la cervelle de moineau, qui ne soupçonne même pas que de telles questions puisse exister, et l’illustre mari de Charlotte, "star" de la soirée et dont la présence sera un révélateur comportemental de chacun, engendrant en cuisine les réactions et les avis les plus divers.
Il y a une question que chacun va se poser. Qui est-il, cet invité célèbre ? Une future relation, un ancien ami, un possible amant, un ex-mari, ou un imbécile de passage ? Les personnages défilent hypocritement devant cet homme... Pourquoi ? Peut-être pour gagner «son estime […] qui serait devenue indispensable en l’espace d’une soirée» (dixit Georges, acte 3).
On ajoute à cela une louche de vieux sentiments, une cuillérée de regrets, un soupçon de ressentiments et une pincée de poker et on obtient un repas très salé, une véritable soupe sentimentale et une vision saignante du couple. Le couple Jacques-Martine, qui a suivi les conventions sociales du mariage, se révèle rapidement en crise. Leur quête actuelle de leur vérité va s’opposer aux dix années passées où les problèmes de communication les ont conduit à rester à tout prix convenable, tombant dans une routine qui ce soir va céder, marquant un tournant crucial de leurs vies. Le couple Georges-Charlotte est tout aussi raté, probablement parce qu’ils n’ont pas osé l’engagement...
La cuisine devient l’arène des règlements de compte et des espoirs futurs : on y voit tous les personnages se dévoiler les uns après les autres, vulnérables et fragiles, plus lâches que vraiment méchants, empêtrés dans leur vie, tiraillés entre leurs peurs et leurs désirs, émouvants. Cuisine et Dépendances est une satire sociale, une comédie douce-amère, tendre et subtile, à l’écriture caustique et au ton léger.
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Cuisine et Dépendances
Comédie d'Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri
Interprété par le Théâtre de Lulu sur la Colline
Spectacle vu le 27/07/2004 au Festival d’Avignon Off
17:00 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : avignon, festival d'avignon off, théâtre, cuisine, amitié, couple






















