16.04.2009

La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao – Junot Díaz (2007)

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Oscar Wao.gif« Notre héros, c'était pas un de ces lascars dominicains dont tout le monde tchatche – c'était pas un as de la batte ou un bachatero choucard, ni un bogosse avec un milliard de bombax scotchées au slibard. Et à part une brève période au début de sa vie, il a jamais trop eu la cote avec les meufs, le mec (ce qui est particulièrement peu dominicain de sa part). »

Oscar est un jeune dominicain dont la famille a émigré dans le New jersey pour fuir la dictature de Trujillo, « le Tyran le plus Tyrannique ayant jamais Tyrannisé son peuple ». Vrai tombeur des bacs à sable dans sa prime jeunesse (il avait, à l'âge de sept ans, deux petites amies en même temps, « son premier et dernier ménage à trois »), puis ado introverti et obèse, fan de science-fiction, cœur d'artichaut tombant amoureux en un clin d'œil mais sempiternel puceau, Oscar envisagea de consacrer sa vie à la conception de jeux de rôle avant de se mettre en tête d'être écrivain et de devenir le « Tolkien dominicain ».

On suit ainsi les mésaventures d'Oscar avec la tendresse et l'affliction d'un ami compatissant à son désarroi et au désastre de sa vie. Car Oscar est l'objet d'un fukú (mauvais sort à la sauce dominicaine, spirale infernale de l'échec) qui colle à sa famille depuis des générations. Ni son grand-père martyrisé à cause d'un prétendu « Fâcheux Commentaire » sur « El Jefe », ni sa mère Belicia, ancienne bombe sexuelle des barrios ayant fui son île dominicaine et devenue mégère tyrannique et abusive, ni sa sœur Lola, rebelle et fugueuse, personne dans sa famille n'y a réchappé. Alors, pour le dernier rejeton de la famille, ce n'était pas gagné ! C'est ainsi que, nourrie des destins de ses aïeux brisés par la torture, la prison, l'exil et les amours impossibles, la vie d'Oscar s'avérera conforme à la fatalité du fukù : saga fulgurante et désastreuse d'un redoutable raté.

A la fois chronique épique et fantaisiste d'une famille d'immigrés dominicains dans le New Jersey, roman politico-historique dénonçant avec causticité la dictature dominicaine, et véritable hymne aux "sous-cultures" (science-fiction, fantasy, pop, punk, mangas...), ce roman surdimensionné est un livre frappadingue, exubérant et réjouissant !

Cependant sa langue métissée de spanglish et d'argot, bien que vivifiante à dose homéopathique, le rend difficile d'accès et quelque peu abscons : « Ma gadji, Suriyan, a découvert que je kénais avec une de ses hermanas. Queutards : ne baisez jamais jamais jamais avec une biatch qui s’apelle Awilda. Vu que quand elle va vous awilder votre race, vous allez sentir votre douleur. » A chaque ligne et sur presque 300 pages, c'est fatiguant !

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Junot Díaz, La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao (The Brief Wondrous Life of Oscar Wao), éd. Plon, coll. Feux croisés, 2009 (2007), 293 pages, 22,90 €.

Trackbacks

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Commentaires

C'est justement le dernier aspect du roman que tu soulignes (utilisation excessive de l'argot) qui m'empêche de me jeter sur ce roman qui, sans cela, me tenterait bien. Tant pis...

Écrit par : In Cold Blog | 16.04.2009

Pas pour moi. La langue m'énerverait ...

Écrit par : Leiloona | 16.04.2009

Il me tente bien et ton billet me donne envie mais la citation confirme ce que je craignais...

Écrit par : Ys | 16.04.2009

L'histoire semble très intéressante, mais le style d'écriture ne me plais pas du tout. Je déteste lire des romans en argot, la lecture est trop ardue.

Écrit par : aBeiLLe | 16.04.2009

Peut être que j'arriverais à lire ce livre qui me tente beaucoup malgré le style d'écriture.
(J'aime beaucoup la musique...)

Écrit par : Hathaway | 16.04.2009

@ tous : j'avoue que ce style est lassant et agaçant à la longue... Dommage !

Écrit par : BlueGrey | 17.04.2009

ah dommage ça avait l'air sympa mais effectivement ça doit être fatiguant fatiguant à la longue :-)

Écrit par : yueyin | 22.04.2009

@ yueyin : C'est bien dommage car le récit est sympa et il y a tout de même quelques glissements langagiers bien trouvés ! Mais à la longue, c'est fatiguant !

Écrit par : BlueGrey | 23.04.2009

J'aurais pu être tentée... mais je ne comprends rien à l'extrait alors bon, je vais passer mon tour, je pense!

Écrit par : Karine :) | 24.04.2009

Comme nous en discutions tout à lh'eure, le principal défaut du livre tient dans l'utilisation exclusive et sans discrimination un seul style... dommage!

Écrit par : choupynette | 25.04.2009

@ Karine :) : c'est vraiment un avis très mitigé que j'en garde au final car l'histoire est intéressante et les personnages vraiment attachants...

@ choupynette : exactement ! D'autant plus que les narrateurs changent au cours du récit mais le style reste le même et ne les différencie pas ! Dommage...

Écrit par : BlueGrey | 27.04.2009

Moi je kiffe vegra ta critique! Je vois pas le blème des mots. C'est flex!

Écrit par : Gaël | 02.05.2009

@ Gaël : mékeskildi ??? oO

Écrit par : BlueGrey | 04.05.2009

Demande un texto à mon petit cousin de 15 ans, et tu comprendras très vite! J'ai eu besoin de plusieurs mois d'adaptation, mais là c'est bon, je maîtrise le djeun's!

Écrit par : Gaël | 04.05.2009

Je voulais vraiment lire ce livre mais ta citation m'a vraiment refroidi, c'est vraiment comme ça tout le temps dans le roman??

Écrit par : emilie | 15.05.2009

@ Gaël : tu me donneras des cours de djeun's ?

@ emilie : malheureusement oui, c'est comme ça tout du long... c'est fatigant !

Écrit par : BlueGrey | 24.05.2009

J'ai rajouté ton avis en lien ici )http://www.cafebook.fr/index.php/2010/01/junot-diaz-%E2%80%93-un-roman-grave-et-merveilleux/

Écrit par : Emma | 25.01.2010

@ Emma : merci ! :)

Écrit par : BlueGrey | 26.01.2010

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